Les dures lois des marchés

Non, je ne vais pas vous parler du marché boursier mais des marchés locaux, alimentaires, artisanaux. Entre nous, c’est une sacrée aventure et tant qu’on n’a pas mis les pieds dedans, on ne sait pas vraiment ce qui nous attend.

Oui, j’appelle ça les dures lois du marché car c’est vraiment quelque chose à part entière, la vie des marchés. Ça prend du temps et de l’énergie. Surtout ce qui m’a le plus frappé, c’est la façon dont c’est très aléatoire. Je peux faire une bonne vente sur un marché local, y revenir un mois après et faire 4 fois moins. Au début ça peut être assez décourageant de ne pas voir sa cagnotte augmenter mais il ne faut pas baisser les bras. Les marchés, je pense que c’est une histoire de persévérance et de dévouement. Parfois, il y aura eu très peu de ventes. Mais par contre Les Bonnes Personnes se sont arrêtées et proposent des opportunités. Chose que je n’aurai pas eu si j’étais restée dans mon atelier, donc je n’ai pas tout perdu.

Voici le déroulement épique d’un marché :

Les marchés c’est une aventure du début à la fin. Dans un premier temps il faut que tu trouves les dates, les lieux et prendre contact. Attendre une réponse et recevoir un bulletin d’inscription. Le remplir et renvoyer le bulletin avec les documents demandés et surtout/parfois un chèque de caution et un chèque d’emplacement. A la suite, tu reçois une autorisation. Après tu vérifies d’avoir assez de stock et mets les affaires (les présentoirs, la nappe, la table, etc…) dans les boîtes. Puis il faut que tu charges la voiture, c’est un véritable déménagement ! Surtout tu n’oublies pas de prévoir de l’eau, un pique-nique et une chaise.

Kilomètre après kilomètre, tu arrives sur le lieu du marché et attend l’attribution de ta place. Tu décharges la voiture et on te rappelle qu’il faut enlever tous les véhicules avant l’ouverture du marché et … de toute manière ton véhicule gène tes futurs collègues. Donc tu laisses tes affaires au milieu de la rue pour aller la garer dans une ville que tu ne connais pas. Tu reviens en courant « parce que tu as laissé tes affaires sans surveillance ». Puis tu t’attèles au montage du barnum, du stand, … . Sauf que le barnum fait de la résistance et tu n’arrives pas à le monter ! Sans t’y attendre, trois voisins exposants installent avec toi ton barnum, une chance … et tu suffoques dans le masque. Arrive le moment angoissant où tu as envie de faire pipi…

Après tu passes ta journée à bricoler des créations dans un coin du stand pour faire de la démonstration mais aussi pour t’occuper. Car de 12h à 15h personne n’est venu sur ton stand, tant qu’à faire, autant travailler. Les visiteurs reviennent sur le marché par vagues et d’un coup, quatre clients attendent d’être encaissés. Il faut aussi répondre aux questions, un peu toujours les mêmes et puis il y aura cette personne qui se plante devant ton stand. Elle t’assomme avec une question à laquelle tu n’as pas vraiment envie de répondre. Bien sûr elle n’a pas dit bonjour. Sans t’y attendre des copains passent te faire un coucou, c’est si gentil ! Une cliente s’arrête et demande un bracelet avec des perles personnalisées. Évidement tu acceptes, tu fabriques et tu attends car elle ne viendra pas chercher sa commande.

Quelques belles ventes s’enchaînent et avec tu distribues des cartes de visites. A la fin du marché, tu n’as pas forcément envie de rentrer parce que tu t’es fait des copains. Il n’y a plus de clients mais tu continues à discuter avec tes voisins exposants. Les gendarmes te sermonnent que c’est l’heure de ranger (oui ça m’est déjà arrivé). Alors tu ranges méticuleusement pour ne rien perdre et que tu t’y retrouve pour le prochain marché. Une bonne fin de marché ne peut pas se terminer sans le mec bourré qui te félicite pour ton travail, qu’il voit certainement flou.

Puis tu cours chercher la voiture avec toujours les affaires seules dans la rue mais avec un peu de chance, tes copains exposants veulent bien jeter un coup d’œil. Tu t’énerves toute seule car tu ne sais plus où tu as garé la voiture, toujours dans la ville que tu ne connais pas. Parce que 8h avant tu as pris la première place de parking disponible sans regarder le nom de la rue. Finalement tu trouveras ta voiture et tu iras te garer à 100m de tes affaires parce que d’autres exposants chargent aussi leur véhicule. Et toi tu n’es pas assez patiente pour attendre qu’ils aient finit. Alors tu fais des allers-retours et puis tu prends la route pour rentrer.

Dans une heure, deux heures tu seras arrivée chez toi et tu n’auras qu’une seule envie celle de te jeter dans le lit. Sauf si tu arrives en première sur un malheureux accident de route sans blessés. Finalement une bonne heure plus tard, tu pourras reprendre la route déboussolée. Une fois arrivée décharger au moins les affaires qui craignent le plus. C’est à dire les créations, la caisse et le terminal de paiement, le reste ça attendra le lendemain. Le lendemain, tu ranges les dernières affaires. Tu recomptes ce que tu as vendu, tu fais ta caisse et contrôle que tu as bien les sous des articles vendus.

A partir de là, le marché est vraiment fini.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *